Celui qui se croit trop petit pour avoir de l'influence n'a jamais dormi avec un moustique...


Recentrons le débat, s'il vous plaît...

Les polémiques entourant notre initiative ont pris une place importante ces derniers jours — au risque d’éclipser l’enjeu culturel.

Nous refusons en ce qui nous concerne de cautionner la personnalisation du débat autour de certains responsables locaux. Quoi qu’en désaccord avec eux sur certains points importants, nous respectons la position de nos interlocuteurs à la ville de Liège. Nous aimerions que le débat porte plutôt sur le projet culturel à construire pour notre ville — en commençant par en reconnaître la nécessité — et si possible que la construction de ce projet se fasse par le moyen d’une collaboration.

Nous souhaiterions que l’on dédramatise l’enjeu du dépôt d’une candidature au titre de capitale européenne de la culture. L’Europe prévoit une procédure : respectons-là, tout simplement, en permettant à chaque ville où le désir s’en manifeste de monter une candidature. Qu’ensuite, le cas échéant, elle ne soit pas retenue par le comité de sélection (en 2010) ne sera pas une honte : on aura vraisemblablement appris des choses dans l’aventure et on pourra saluer la ville gagnante sans arrière-pensée.

Surtout, refusons de céder aux prétendues menaces selon lesquelles une candidature de Liège menacerait la réalisation de certains investissements déjà décidés à Liège, ou la survie de certaines de ses institutions culturelles. Car si ces menaces latentes, dont la presse se fait écho, sont autre chose que des fantasmes (et nous espérons qu’elles ne le sont pas), elle rendraient pour le coup le dépôt d’une candidature — non seulement de Liège mais de toutes les grandes villes de Wallonie — absolument indispensable, sous peine de cautionner un dévoiement intolérable des moyens publics.

Cassons aussi cette image fausse, que M. Di Rupo et d’autres tentent de construire, d’une ville de Liège croulant sous les subsides (et donc redevable au reste de la Wallonie) tandis que Mons en serait le parent pauvre. À la différence de Mons qui a la chance d’avoir réussi sa fusion des communes, la réalité urbaine de Liège est celle d’une ville de 600.000 habitants (même si la Communauté urbaine manque toujours à l’appel), dont les institutions culturelles attirent de surcroît du public venant d’un périmètre très large aux alentours. Dans ces conditions, mesurer l’investissement public à la seule aune du nombre d’habitants de la ville (qui compte moins du tiers de ceux de l’agglomération) dénote d’un manque de rigueur préoccupant. Au-delà de ces considérations comptables, nous pensons aussi et surtout qu’il est souhaitable de reconnaître le rôle structurant et polarisant des grandes villes — par exemple par la concentration en leur sein d’une bonne partie de la création artistique — et donc la légitimité qu’il y a à y investir un peu plus que dans d’autres endroits où la création est moins vivante.

« Liège 2015 » est une initiative modeste, une simple interpellation qui, par l’afflux des soutiens citoyens, a pris de l’ampleur au point de jouer un rôle dans le débat public. Sans doute avons-nous manqué d’habilité ou d’expérience à certains moments. Il est temps maintenant que la discussion puisse se tenir dans de bonnes conditions.



Lettre d'info

Pour garder le contact, abonnez-vous à notre lettre d'info